"Or, pour le numérique, il n'y a pas d'art, ni même de formes sensibles propres à un matériau ou à un instrument. Le numérique opère non pas sur du "n'importe quoi", mais sur du "moins que rien"."

Edmond Couchot et Norbert Hilliaire, L'art numérique, Paris, Flammarion, 2003

23 mars 2012

Shaw (Jeffrey), The legible city, 1983

The legible city
1983
Jeffrey Shaw
     
Fiche technique de l’œuvre:
Support: velo, guidon équipé d'un moniteur, projection sur un écran géant en face du spectateur. installation interactive.
Production: 
Diffusion:
Packaging:
Nombre d'exemplaire: un seul
Présence de date: Oui
Présence de signature: Oui
Visibilité sur internet: photos et vidéo.
Condition de diffusion et d'exposition: à intégrer dans un espace approprié, une pièce peu éclairé.
Durée estimée: tout dépend du spectateur.
Langue d'origine: Anglais

Présentation :
Artiste multimédia, Jeffrey Shaw est considéré par d’éminents universitaires comme l’un des plus grands chercheurs au monde dans le domaine du cinéma numérique interactif. Il s’agit, pour cette œuvre, d'une des premières œuvres interactives.
Le spectateur va prendre place sur le vélo, choisir sur le moniteur situé sur le guidon la ville qu'il veut. Trois villes sont proposées : New York, Amsterdam et Karlsruhe. L'artiste a utilisé le plan réel de ces villes et a reconstitué des villes virtuelles dont les rues sont bordées de lettres en volume formant des mots et des phrases. Cette vision s'affiche, calculée en temps réel par un puissant ordinateur graphique, sur un grand écran placé face au spectateur. Les phrases renvoient à la réalité des villes évoquées, le centre de Manhattan et la vieille ville d'Amsterdam. Pour New York, ce sont huit textes, monologues de personnalités liées à la ville, Amsterdam reprend avec précision le profil et la tonalité des bâtiments réels...
Jeffrey Shaw ce questionne sur le rassemblement de ces deux technologies. La première est mécanique, matérielle : le vélo. La deuxième est numérique, virtuelle : l’image de synthèse. On passe ici de la phase mécanique vers la phase informatique, immatérielle. Deux univers; le réel, concret, matériel ce retrouve face à "l'autre côté du miroir" (dualité sur laquelle l'homme ce questionne depuis bien avant l'antiquité). Le corps du spectateur est en mouvement, mais ce mouvement n'a de sens que dans un univers virtuel.
L'artiste cite :  "Tous mes travaux forment un discours lié, d'une manière ou d'une autre, à l'image cinématique et à la possibilité de transgresser la limite du cadre cinématique même, en faisant en sorte que l'image éclate physiquement en direction du spectateur, ou en permettant à ce dernier d'entrer virtuellement dans l'image ."
Plus tard, le principe d'interactivité sera souvent réutilisé, voici un autre artiste illustrant l'installation interactive exploitant les "technologies OLED"(jeu de lumière). Intitulée “You Fade To Light” et réalisée par Chris O’Shea, il s’agit d’un miroir numérique interagissant avec le public.
Ce type de création interactive a par la suite évolué, on retrouve ce principe, par exemple, beaucoup plus banalisé, dans les jeux comme la Nintendo Wii.  

Charles Clémentine, 2011-2012


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Enregistrer un commentaire